En 2026, la lutte contre le recours abusif aux travailleurs indépendants et le travail dissimulé s’intensifie en Île-de-France. Une campagne nationale de contrôle est menée par la DREETS et l’Urssaf, tandis qu’un projet de loi ambitieux vise à renforcer la prévention, la détection et la sanction des fraudes sociales et fiscales. Focus sur les actions en cours et les mesures phares pour protéger les droits des salariés et garantir une concurrence équitable entre les entreprises.
Le recours abusif aux travailleurs indépendants : une campagne nationale de contrôle
En 2026, la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) Île-de-France et l’inspection du travail mènent une campagne nationale contre le recours abusif aux travailleurs indépendants, ciblant particulièrement les situations de « salariat déguisé ».
Cette campagne, déployée de mars à août 2026, vise à sensibiliser les entreprises et à contrôler les secteurs les plus exposés, tels que l’événementiel, le commerce de détail, la grande distribution et l’hôtellerie-restauration. L’objectif est de rappeler les outils existants pour faciliter l’emploi salarié et accompagner les entreprises dans leurs besoins de main-d’œuvre, tout en prévenant les situations de travail.
Une phase d’information et de sensibilisation
L‘objectif de la phase d’information et de sensibilisation est de diffuser largement l’information sur la différence entre salariat et travail indépendant et les risques encourus en cas de recours abusif. Elle vise notamment à aller à l’encontre des idées reçues sur la possibilité de recourir à des travailleurs indépendants pour occuper tout type de postes.
Une phase de contrôle basée sur un ciblage d’entreprises
La période de contrôle est prévue de mars à août 2026 et cible particulièrement les secteurs événementiel, commerces (grande distribution et de détail) et hôtel-café-restaurant. Les contrôles pourront toutefois porter sur d’autres secteurs en fonction des spécificités régionales.
Une phase de bilan et d’évaluation
Un bilan et une évaluation de l’action publique sera également établie en vue de mesurer les changements de comportement et régularisations obtenues suite à la campagne. Ce bilan sera partagé avec les parties prenantes.
Lutte contre le travail dissimulé : une opération de contrôle d’ampleur en Île-de-France
Le 2 avril 2026, l’Urssaf Île-de-France a mené une vaste opération de contrôle, mobilisant 65 équipes (320 inspecteurs) dans près de 80 communes, dont tous les arrondissements de Paris.
338 entreprises ont été contrôlées, principalement des commerces de proximité (vente de cigarettes électroniques, téléphonie, réparation d’équipements électroniques), et la situation de 481 salariés a été vérifiée. Les résultats ont révélé 62 situations de travail dissimulé et 38 suspicions de minoration de rémunérations, pour un taux d’anomalie de 29,5 %. Les départements les plus touchés sont le Val-de-Marne (65 %), Paris (37,7 %), la Seine-Saint-Denis (32 %), l’Essonne (32 %), et la Seine-et-Marne (21 %).
Cette opération s’inscrit dans le cadre du plan national de lutte contre le travail illégal et vise à rétablir l’équité entre les entreprises respectueuses des règles et celles qui les contournent.
Un projet de loi pour renforcer la lutte contre les fraudes sociales et fiscales
Le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 7 avril 2026, repose sur trois piliers :
- Mieux prévenir et détecter les fraudes : développement d’outils performants, échanges renforcés entre administrations (fisc, douane, Sécurité sociale), et accès aux bases de données patrimoniales.
- Mieux lutter et sanctionner : sanctions administratives pour les fraudes au CPF, sur-cotisation pour les entreprises coupables de travail dissimulé, et suspension des allocations en cas de fraude avérée.
- Mieux recouvrer l’argent public détourné : création d’une procédure de flagrance sociale pour geler les avoirs des entreprises suspectées de travail dissimulé, et mise en place d’une « amende-plancher » égale au triple des montants indûment perçus.
Le projet de loi prévoit également des mesures ciblées pour les secteurs à risque, comme l’interdiction de la mise à disposition d’une inscription au registre VTC à un tiers, ou l’obligation pour les entreprises de transport sanitaire et de taxis conventionnés d’équiper leurs véhicules de dispositifs de géolocalisation certifiés par l’assurance maladie.

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